Haute tension : 20 ans de tradition

Par le mardi 06 décembre 2005
Le club Haute Tension de Vitry sur Seine existe depuis 20 ans et il est toujours tenu par Jean-Marie Merchet (ci-contre). Ce dernier issu des arts martiaux n’a jamais changé de philosophie, de manière de faire. Et au vu des résultats et de l’état d’esprit de ses élèves, il n’a aucune raison de le faire. Ce club a formé des champions dont certains seront, demain, les garants de cette tradition.









Dès que l'on entre dans la salle située 6 rue Antoine Marie Colin, les photos de champions (Jean-Marie MERCHET, Aurélien DUARTE, Pascal LAFLEUR (ci-contre à gauche), Krim HAMITECHE (à droite)…) parsèment les murs du couloir qui mène au tatami. Là on y découvre des élèves qui travaillent dans une atmosphère sérieuse et décontractée. Il y a une bonne trentaine d’élèves qui s’entraînent mais le club compte 200 licenciés, dont une quinzaine de filles (6 combattants à haut niveau) toutes disciplines confondues (Muay Thaï, Kick Boxing, Pancrace et Karaté. La majorité des élèves évoluant en pieds-poings).

Jean-Marie Merchet, 53 ans, a d’abord pratiqué le Karaté, discipline où il est actuellement 5éme Dan. Son palmarès est : champion de France, vainqueur de la coupe de France par équipe, champion de France par équipe.
A l’issue de sa carrière en équipe de France de Karaté, il débute le Muaythaï en 80 sous la houlette de Pud Pat Noï, commençant à combattre quelques années plus tard. Il a effectué son dernier combat en Thaïlande le 31 décembre 1989. Durant sa carrière il a combattu en Hollande, en Thaïlande, en Angleterre et a glané deux titres de champion de France : celui des moins de 53,5kg en 1985 et celui des moins de 56kg en 1986.

Professeur de gym de formation, il était naturel qu’il devienne entraîneur à l’issue de sa carrière de compétiteur. Selon lui « c’est une façon de transmettre ce que j’ai appris, transmettre le savoir des arts martiaux, des sports de combats, et puis essayer de former les jeunes, leurs inculquer l’esprit martial, le goût de l’effort, le goût du défi et puis par les arts martiaux on apprend à affronter les épreuves de la vie tout simplement…
Quand on est sur un tapis, on est tout seul face à son partenaire d’entraînement, face à sa fatigue, face à sa douleur, il faut affronter… Et donc ce sont des principes qui régissent la vie, si on est fort sur le tapis, on doit être fort à l’extérieur, pas pour se battre mais pour affronter la vie de tous les jours… »

Chaque club a ses spécificités, celles de Haute Tension découlent du passé de Karatéka de Jean-Marie : tous les exercices s’effectuent dans les deux gardes. L’explication est simple : « Mes élèves travaillent, en droitier et en gaucher parce que je suis issu des arts martiaux, du Karaté, on travail toujours dans les deux gardes…j’ai beaucoup, de gens qui viennent ici et qui ne sont jamais compétiteurs, et qui ont besoin de travailler pour leur épanouissement physique, travailler dans les deux gardes c’est bon pour développer les deux côtés, les deux hémisphères. Cela a aussi un intérêt pour les compétiteurs, car quand ils arrivent, ils sont débutant, ils travaillent dans les deux gardes, au bout de quelques années ils savent naturellement travailler dans les deux gardes, un compétiteur blessé à une jambe pourra naturellement mettre sa jambe en arrière en changeant de garde…et donc la sauvegarder… » La seconde spécificité est la répétition des mouvements, comme cela ils deviennent naturels, ainsi ils ne sont pas dans le savoir mental, mais dans la mémoire musculaire.

Dans le club, tous les élèves sont logés à la même enseigne : compétiteurs ou non, le cours est la même. Ainsi ceux du loisir peuvent s’identifier dans leurs pratiques au niveau des compétiteurs. Cela a pour conséquences que quand un gala a lieu près de la région parisienne, plusieurs adhérents viennent voir et soutenir les compétiteurs.
La longévité du club est d’autant plus remarquable qu’il ne perçoit aucune subvention de la ville depuis ses débuts.
Outre les photos, les coupes sur les étagères de la salle représentent « l’historique du club, symbolisant les gens qui ont fait ce que Haute Tension est maintenant…des combattants qui ont reçu l’héritage des anciens…Ceux qui ont transmis leurs expériences à d’autres, et ainsi de suite, c’est l’histoire du club. De plus cela permet aux nouveaux d’avoir des objectifs et des rêves, le but ce n’est pas d’en faire des combattants ou des champions, c’est d’en faire des gens bien…tout simplement… », selon Jean-Marie.
Il suffit de voir Krim Hamiteche entraîner Olivier Tchétché (ci-contre à droite) ou d’autres compétiteurs pour comprendre. Arrivé à l’âge de 8 ans, et après une belle carrière (champion de France et champion du monde en Muaythaï), il vient tous les après-midi et le mardi pour servir d’assistant alors qu’il a son propre club, le Kajin. Mais Haute Tension c’est son club, sa maison. Le duo (auquel il faut ajouter Loïc Pora pour les cours de pancrace) se complète à merveille. Partageant le même état d’esprit, et la même vision du Muaythaï chacun a son rôle : Jean-Marie s’occupe du groupe en général qui a besoin d’une bonne supervision, et Krim est plus proche des compétiteurs. Selon la fondateur du club cela est naturel « Krim est tout à fait dans son élément, il sait les motiver comme il le faut, il sait les amener au combat, il a maintenant beaucoup d’expériences. »
Si un proverbe dit qu’on a pas tous les jours 20 ans, les années auront beau passer le club de Haute Tension ne risque pas de changer de philosophie.

Haute Tension
6 rue Antoine Marie Colin
Vitry Sur Seine - FRANCE
Tél: 01 46 82 71 58
Plusieurs cours par semaine à différentes heures.

Vincent Dao
Vos réactions
Soyez le premier à réagir
Ma réaction
Identifiez-vous ou bien inscrivez-vous pour réagir à l'article




Forums