SACKMONGKON ne rompt pas !
SACKMONGKON vs VILLAUME
C’est à un combat de très haut niveau auquel nous a invité Alessandro GHOTTI, le 8 Novembre 2003 en ITALIE dans la petite ville de Trieste.
Ce promoteur a en effet réussi le tour de force d’opposer deux des plus grands ténors mondiaux actuels de la discipline. A savoir le Thaïlandais SACKMONGKON et le Français VILLAUME.
Pour tous les fans de Muaythaï, SACKMONGKON est une légende. Plusieurs fois champion de Thaïlande et Champion du Monde, il totalise plus de 200 combats.
A la question de notre correpondant "Connais-tu Farid VILLAUME ?" le Thaïlandais répondit en éclatant de rire, "c'est un adversaire comme un autre, je n'ai pas peur de lui !"
De son côté, VILLAUME affiche moins de combats à son actif (un peu plus de 50 combats) mais possède une carte de visite impressionnante (
voir ici son profil ).
L’analyse technique d’avant match est connue mais n’est pas simple à résoudre pour les combattants.
D’un côté, SACKMONGKON est gaucher. Il maîtrise les situations à mi-distance grâce à une formidable jambe arrière que tout le monde connaît, et il maîtrise également les situations rapprochées où il excelle en corps à corps et grâce à ses coudes.
De l’autre, VILLAUME est droitier. Il excelle aussi dans le travail à mi-distance grâce à des jambes surpuissantes. Dans le travail rapproché, il est également très dangereux grâce à ses fameux crochets que tous les Nakmuay de la terre redoutent.
Le moins que l’on puisse dire, est que le combat ne s’annonce pas simple à résoudre sur le plan tactique pour les deux combattants.
Coup pour coup...

La solution pour laquelle opta VILLAUME dès la première reprise fut assez similaire à celle qu’il utilise habituellement : s’imposer psychologiquement par un puissant travail de sape.
A cette tactique, SACKMONGKON répondit par … exactement la même !
Quand Farid délivra des coups surpuissants avec sa jambe arrière, SACKMONGKON encaissa ou bloqua mais ne resta pas à subir l’assaut puisqu’il essaya de rendre la même puissance de coup au Français.

C’est certainement à ce moment que les deux combattants et les deux coins des champions prirent conscience des niveaux respectifs qui leur étaient proposés.
C’est donc dès la première reprise qu’ils commençèrent à intégrer dans leur jeu des esquives avec remises et des feintes.
Villaume fait le forcing

A la seconde reprise, VILLAUME tenta cependant de faire basculer le match.
Il toucha SACKMONGKON avec un fulgurant coup de coude gauche qui est venu percuter violemment la face du Thaïlandais.
Durant cette reprise le thaï fut également touché en crochet du gauche et en uppercut, mais il ne tomba pas.
A partir de cette reprise, SACKMONGKON se sentant menacé, s’enferma dans une garde vraiment hermétique, afin de compliquer la tâche au Français.
La seconde ceinture pour le français
Durant la troisième reprise SACKMONGKON repris l’offensive en contrant le travail de poings du Français par des middles kicks surpuissants.
La quatrième et la cinquième reprise se firent sur le même schéma. D’un côté un VILLAUME essayant de trouver l’ouverture pour abréger les débats, de l’autre un SACKMONGKON très malin et toujours puissant sur son travail de jambe.
A l’issue du combat, Farid VILLAUME était déclaré vainqueur à l’unanimité des trois juges. La ceinture mondiale MTA lui était décernée. Après celle de la WMC, obtenue en 2001 contre Orono (
lire l'article) Farid confirme qu'il est bien l'un des plus grands champion français de sa catégorie.