RÉSULTATS

Résultat du Gala d'Athis Mons

Par Michel Lecorre le 31/05/2007

Détails de l'évènement :
Le Samedi 19 Mai 2007
Gymnase Georges Carpentier
avenue de la Terrasse Prolongée
91200 Athis-Mons
France
Le 19 mai dernier, l’entraîneur Pascal MATHIEU et la municipalité d’Athis Mons (France) ont organisé un gala de muaythaï. Le gymnase de la ville était plein, le maire et son adjoint chargé des sports étaient présents. La soirée a été riche en combat, aucun Nak Muay n’a démérité dans son engagement. L’ambiance était parfois survoltée, notamment chez les supporters des boxeurs locaux comme CAMARA, mais aucun débordement n’a été à déplorer. Le tout s’est déroulé dans une ambiance sereine. La sécurité était parfaitement assurée par les organisateurs de l’événement. Un gala comme on aimerait en voir souvent en région parisienne.

Nous avons d’abord assisté à deux assauts éducatifs. Les deux premiers Nak Muay, des enfants d’environ 11 ans, se sont montrés de parfaits techniciens. Dans le respect des règles de « la touche », ils ne se sont jamais portés de coups ou laissés allés vers une bagarre de chiffonniers. Respectivement, ils ont enchaîné leur gauche, droite et middle.
Les deux autres éducatifs avaient l’apparence de jeunes adultes, l’opposition en a été de facto plus viril, c’était à la limite d’un classe D. Ils ont été vaillants tous les deux.

Les classes D :

DIDA Vincent (Reims) VS LOTZ Daniel (Massy)
En – de 71 kg
Un combat entièrement dominé par le Rémois. En effet, DIDA Vincent nous a montré sa qualité technique, notamment avec de belles esquives par retrait du buste, suivie aussitôt avec de remises en anglaise puis en jambe. Un beau style muay chez ce jeune boxeur. Nous espérons vite le revoir sur un ring. Victoire à l’unanimité de DIDA Vincent.


Nabil BOUJENAN (Athis Mons) VS Thearron SIENG (Reims)
En – de 75 kg
Un combat bien commencé par SIENG, mais il s’est vite fait surprendre par l’endurance de son adversaire qui semblait plus expérimenté. Un combat intelligemment mené par BOUJENAN qui a su placer ses coups, donc gagner des points. Une victoire méritée pour ce dernier.


Les classes C :

Aziz RAFAI (Ris Orangis) VS Josian LE CHAPELIER (Vannes)
En - de 67 kg
Un combat expédié par RAFAI. LE CHAPELIER KO à la troisième reprise.


Kader BELIOUZ (Ezanville) VS Yvonnick BAUCHET (Brest)
En - de 60 kg
Kader marche sur les pas de son frère Raouf. Le breton Yvonnick BAUCHET a souffert durant ce combat qu’il a tout de même mené jusqu’au bout avec un courage exemplaire, comme un vrai guerrier. Il n’était pas au mieux de sa forme semble-t-il, remarquons qu’il a prouvé encore récemment qu’il était un boxeur de qualité, notamment dans son opposition contre le Belge Yaçine MAYON. Toutes les défaites sont amères, mais souvent elles permettent de devenir un meilleur Nak Muay, d’évoluer. Ce qui semble manquer à Yvonnick, c’est l’opportunité de combattre régulièrement. Ses capacités sont là, mais ses techniques, son style Muay n’est pas encore maîtrisé, il semble manquer de ring ! Du fait du nombre élevé de combattants, les places sont très chères dans la catégorie des – de 60 kg.
Quand à Kader BELIOUZ, c’est une puissance et un style Muay associé à une véritable envie de gagner. On le sentait très à l’aise sur la surface de combat, ses enchaînements étaient esthétiques, efficaces. A la fin du combat, il était heureux, fier comme Artaban. Heureux d’avoir gagné, de s’appeler BELIOUZ, mais Kader… les deux BELIOUZ arrivent dans le paysage du Muaythaï. Un combat intéressant.


Mini tournois des – de 75kg :


KERADIN (Emulation Brétigny) VS Erwan LE GOSLES (Vannes)
Durant les deux premières reprises, LE GOSLES est resté dans l’observation. Cela ne semble pas du tout être de la crainte de sa part, mais plutôt une manière de fonctionner. KERADIN a alors pris le contre-pied de son adversaire et a marqué un maximum de points, ce qui lui a permis de gagner. La victoire n’a pas été simple pour autant, car ensuite le breton a accéléré, KERADIN a du éviter ses enchaînements rapides et la puissance de ses coups.
Une victoire méritée pour KERADIN.


KERADIN (Emulation Brétigny) VS Sylvain CHARVIN (Massy)
Une victoire sans surprise pour KERADIN.


Sylvain CHARVIN (Massy) VS LE GOESLES (Vannes)
Après un round d’observation, Erwan LE GOESLES bien entraîné et endurant a dominé CHARVIN, visiblement éprouvé par son dernier match. Dans une excellente condition physique, Erwan associait puissance et rapidité, il faisait souffrir son adversaire qui se protégeait par une garde hermétique. La masse musculaire du breton est imposante, mais il n’en est pas « lourd » pour autant, ses high kick montent au visage, ses coups genoux piquent au foie. Le tout dans un beau style muay, qu’il arrive à mettre en œuvre dès qu’il a pris « ses marques » et qu’il se sent à l’aise sur le ring. Ce garçon a besoin de temps pour démarrer. Mais quand il est parti, on découvre ses qualités de boxeur. Remarquons qu’il a quatre KO à son actif, c’est vraisemblablement un puncheur. LE GOESLES est un Nak Muay qui pourrait s’imposer en B, puis en A. Cela dépend à présent de sa volonté de progresser.
PHOTO ERWAN1


Les classes B :

Eric RENON (Brest) VS Medhi BEN JELIL (Stains)
En – de 60 kg
Le stanois n’est pas réellement rentré dans son combat. Il ne s’est pas laisser malmener pour autant et l’opposition est allée à son terme. Les coups peu rapide, mais cinglant de BEN JELIL, cherchant « à faire mal » n’ont pas réussi à déstabiliser RENON. Les blocages de ce dernier étaient parfaits, sur tous les plans techniques ce Nak Muay était supérieur à son adversaire. Ses corps à corps étaient du vrai Muay, non pas du simple accrochage pour se reposer. Il a de nombreuses fois coincé BEN JELIL en se collant à lui pour se protéger et pouvoir à loisir placer ses genoux ou ses poings dans les côtes, ce qu’il a fait. A plusieurs reprises, il s’est encore accroché au stanois pour le piquer au foie avec son genou. RENON a mené son combat avec intelligence, d’une manière viril, combative et esthétique à la fois. On le voyait reprendre son souffle durant les observations, profiter des hésitation de son adversaire, pour accélérer, aller au combat. Ici, l’expérience a fait la différence sur la jeunesse. Eric RENON est un classe B d’un excellent niveau.


Ibrahim KARABOUE (Suresnes) VS Steve RUPAIRE
En – de 75 kg
Un tsunami, « sauf qui peut pour RUPAIRE ». Steve a fait ce qu’il a pu, mais son adversaire était un très sérieux « client ». KARABOUE est un « tueur » pour deux raisons :
1°) Il est très grand, son allonge est importante, il a été impossible à son adversaire de casser la distance, ne serait-ce qu’une fois.
2°) Sa condition physique ! Cette dernière semble exceptionnelle, hors du commun. Il n’a l’air ni essoufflé, ni éprouvé quand il est sur le ring.

Ses coups par contre, eux, sont très éprouvants pour l’adversaire. Malgré sa bonne volonté, il a été impossible à RUPAIRE de contrer, de tenter le moindre enchaînement efficace. C’est un KO à la deuxième reprise.
KARABOUE est vainqueur.


Franck PAMBIA (Athis Mons) VS Ghalem CHENNEH (Reims)
En – de 86 kg
Le combat de la soirée le plus équilibré dans les rapports de force entre Nak Muay.
Pas d’observation, les boxeurs rentrent d’emblé dans l’action. Les coups pleuvent, l’agilité sur le ring est impressionnante, ils ne sont pas statiques une seule seconde. Pour PAMBIA, le combat se déroule comme le fil d’un cours d’eau qui se réduit petit à petit. Pourtant, le Nak Muay d’Athis Mons est d’un courage exemplaire, il se protége, résiste, donne des coups avec force. Malheureusement, ils sont très souvent bloqués par son adversaire. Celui-ci remisant aussitôt.

Ghalem CHENNEH a été champion de France FFMDA successivement en classe D, C puis B dans cette même catégorie de poids. Ce Nak Muay est brillant. Malgré ses 86 kg, sur le ring il semble léger. C’est avec beaucoup d’élégance et d’efficacité qu’il mène ses combats. Il en a été de même pour celui-ci. Ses high kick ont à de nombreuses reprises atterrit sur le visage de PAMBIA. Ce dernier n’est pas resté passif, ses blocages, ses esquives par retrait du buste ont été nombreux. Les corps à corps ont été pratiqués à de nombreuses reprises, les griffures dues aux scratch des gants marquaient le dos des deux Nak Muay. Durant les accrochages contre les cordes, CHENNEH arrivait à décaler PAMBIA et lui placer des genoux.

Un autre spécialité du rémois : les coups de pieds retournés. Cela peut sembler « folklorique » mais non, ils étaient très efficaces, ils faisaient mal et déstabilisaient l’adversaire. De plus, l’anglaise de CHENNEH, particulièrement les crochets, a souvent touché PAMBIA. Les échanges ont été très virils, de nombreuses fois, les Nak Muay ont failli passer au-dessus des codes.
Sans contestation Ghalem CHENNEH est déclaré vainqueur de ce combat.

Arrêtons nous un peu sur la saison de ces deux combattants :

Franck PAMBIA est champion du monde WMF à BANGKOK et médaille de bronze dans ce même championnat en 2006. Champion d’Ile de France FFMDA 2007. Franck est un athlète, un sportif de très haute qualité. Ce dernier était très fatigué après son combat du 19 mai, il avait besoin de récupérer, c’est dur moralement de finir une saison sur une défaite. Mais que Franck se rassure, il a fait vibrer le public qui connaît sa valeur, ce dernier a confiance en son avenir.

Ghalem CHENNEH lui, sur 20 combats, il ne comptabilise qu’une seule défaite. Il est champion de France FFMDA depuis 2004. Malgré ses 85 kilos, il est léger. Sur le ring, c’est un homme élégant, beau à voir, le tout en harmonie avec sa boxe et son style muay. Cependant, sur le ring c’est un tigre, il surprend par sa technicité, la pratique du full contact lui a permis d’acquérir beaucoup de rigueur semble-t-il. Seulement, il n’est pas enfermé dans un rigidité, il est souple, félin, va volontiers au corps à corps, ne faiblit pas.
Plus tard, après sa victoire, durant la soirée, il a regardé avec son ami Thearron SIENG les autres combats, la joie s’était installée durablement sur les visages. Beaucoup de fraternité existe entre les Nak Muay de ce club Rémois.


Les classes A :

Mathieu COUDERC (Brétigny) VS Xavier BASTAR (Vannes)
En – de 60 kg
Un combat qui commence par un beau Ram Muay de BASTAR, puis qui se poursuit avec humour. En effet, Xavier avait oublié sa coquille. On a couru en récupéré une, puis le breton a du se mettre en caleçon pour l’enfiler, ce qui n’a pas manqué d’échauffer la salle. Ceci terminé, nous avons pu entrer dans le vif du sujet. Ceux qui prennent Mathieu COUDERC pour un boxeur débonnaire en ont été pour leur frais. Dès le début, il a touché le vannais aux poings. Dans son ensemble ce fut un combat très intense, où il était difficile de savoir lequel des boxeurs menait. Les échanges étaient vifs, dans un style muay assez bon. L’erreur de BASTAR est de ne pas avoir écouté le coin de son ring. Son entraîneur lui soufflait de ne pas aller au corps à corps, mais ce désir semblait plus fort que lui. Sur ce terrain du contact, Mathieu était supérieur.
Du coup, BASTAR se retrouvait souvent à terre, ou malmené dans les cordes par les genoux. A l’inverse, à distance, BASTAR était le plus fort, ses middle et low kick étaient cassants, ses enchaînements propres. Dans la quatrième reprise un coup de coude retourné a surpris COUDERC qui s’est retrouvé au tapis. Dans les vestiaires, il nous a confié qu’il l’a vu venir, et a évité de justesse la force de l’impact par une esquive, un retrait du buste qui l’a déséquilibré et fait tomber à terre.
A la fin du combat, après de nombreux corps à corps, BASTAR semblait le plus touché, et c’est avec mérite que Mathieu COUDERC a été déclaré vainqueur.


Kouider OUBKI (Viry Châtillon) VS Aimen TOUKA (Saumur)
En - de 67 kg
Un combat déséquilibré entre deux Nak Muay qui n’était pas au même niveau.
Dans un premier temps, TOUKA a tenté le tout pour le tout, il est littéralement « rentré » dans son adversaire, ses frappes semblaient lourdes, puissantes, mais malheureusement sans stratégie. Tout cela est resté vain. La faculté d’adaptation d’OUBKI a été parfaite. Face aux assauts désordonnés de son adversaire, il a accéléré la cadence, et a coincé TOUKA dans les cordes. Apres une série de crochet, suivi d’un genou au thorax, TOUKA est KO à la seconde reprise. OUBKI est un véritable guerrier Thaï, réfléchi et puissant.


Jonathan CAMARA (France) VS Mauro LOPES (Portugal)
En – de 75 kg
Un combat expéditif. Il n’a pas été compliqué au champion de France de remporter cette victoire, face à un adversaire qui s’est laissé déborder. Visiblement, face aux assauts ininterrompu du français, LOPES s’est avant tout protégé. Il a bien tenté quelques attaques : des sapes en low kick, mais cela a été totalement inefficace.

C’est au deuxième round, après s’être fait coincé dans les cordes et après un crochet au foie que LOPES est mis KO. Une victoire sans appel pour CAMARA. Face à un boxeur de cette qualité, nous aurions espérés un adversaire bien plus guerrier, surtout pour une ceinture européenne. Que c’est dommage ! Quoi qu’il en soit, c’est une formidable saison pour le Nak Muay Jonathan CAMARA. Un boxeur qui fait rêver bien au-delà d’Athis Mons à présent.


Redwan AMEUR (France) VS Nicolaï SABAU (Portugal)
En – de 67 kg
Un combat qui n’est pas allé plus loin que la quatrième reprise. D’abord AMEUR a surpris, surpris en bien. On avait entendu ici ou là, que Redouane n’avait pas réellement de style Muay, qu’il était même « bourrin » dans sa manière de boxer. Et bien ses détracteurs en ont été pour leur frais. AMEUR a prouvé que le travail paie ! Et à Athis Mons, il a été pleinement récompensé de ses efforts. Ses enchaînement ont été précis, sa boxe puissante et réfléchie comme celle d’OUBKI. AMEUR observait son adversaire, ses bocages étaient bons. Il prenait plaisir à être sur le ring et cela se voyait. Il esquivait les directes par un simple mouvement de tête, il enchaînait aux poings, puis concluait par des low ou middle, avant de bouger sur le ring. De plus, il dominait en corps à corps, ses coups de genoux étaient calculés, placés au bon moment et avec efficacité.

C’est sur un coup de pied retourné au foie, que SABAU est plié en deux, il pose un genou au sol. L’arbitre le compte jusqu’à 8 et renvoie logiquement le Portugais dans son coin. Le combat a repris pour quelques instants seulement.
D’une manière générale, SABAU s’est défendu avec le courage d’un fauve. Il a beaucoup souffert durant ce combat, pour preuve, les nombreuses marques qu’il avait sur le corps à la fin de l’opposition. Il ne s’est pas défilé une seule seconde, il est allé se battre. SABAU ne s’est pas contenté de subir, il est aller « au charbon », il a donné tout ce qu’il avait ce soir là, ses enchaînements étaient là, il a boxer.
C’est avec beaucoup de lucidité, contre l’avis de son entraîneur, que Mauro LOPES, second coach au coin du ring, a jeté l’éponge pour SABAU. Cela a été un beau geste humain et rempli d’amitié. Pourquoi ? A l’entraînement, les Nak Muay mélange leur sueur, inutile de rappeler que nous exerçons un sport qui nous fait vibrer, mais très difficile et qui n’est pas sans risque. Nous avons recueilli ces propos de LOPES : « Une fraternité existe entre Nak Muay, alors quand l’un d’entre nous est en perdition, on ne le laisse pas tomber. Le geste de LOPES était rempli de bon sens. Il a eu mille fois raison. Sûrement une très belle preuve d’amitié également.
Redouane AMEUR a pleinement mérité sa victoire, il a prouvé ce soir qu’il était un excellent Nak Muay et qu’il a de l’avenir dans le Muay Thaï. »


Pour conclure, cette soirée fut très productive pour le club de Suresnes où le team BENAZIA est reparti avec les glorieuses victoires des ses Nak Muay KARABOUE et AMEUR. Même chose pour Reims avec CHENNEH.

Pascal MATHIEU et Nasser BOUSMAN nous ont offert un excellent moment de muay thaï, parfaitement organisée, où tout le monde a été très bien accueilli. De plus, rappelons que la recette du gala servira à produire une action humanitaire dans un village du Niger. Une mention spéciale pour le fair-play des portugais et des bretons qui ont eu un comportement sportif irréprochable. Notons également la présence à ce gala de MME Mireille PECHARD, présidente de la fédération malgache de Muay Thaï, de M Philippe LACOMBE président de la FFMDA (en photo ci-dessous à droite) et M Jacques MAIRESSE.

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